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 La Rose et le Réséda [ December ]

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Solal Thorfrid
Gérante de la Monnaie
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Messages : 81
Date d'inscription : 28/02/2011
Localisation : Gare du Nord

MessageSujet: La Rose et le Réséda [ December ]   Mer 31 Aoû - 17:55

« Vous devriez y aller, Solal. Un peu de distraction, ça n'vous ferez pas de mal, non ? »

Décidément, la nordique d'adoption avait du mal à appréhender ces concepts étranges qui poussent ses collègues à désirer autre chose que travailler. Un Bal, franchement – quel intérêt ? Si avant, la jeune femme avait aimé danser, si elle avait adoré sortir, si elle avait passé certaines de ses plus belles nuits entre les rythmes endiablés et les relents de sueur, cette époque était largement révolue. La Solal qui s'était perdue n'avait jamais dansé, elle n'avait jamais chanté, et on pouvait se demander si elle n'avait ne serait-ce que déjà ris.

Ce n'était sûrement pas le cas, et l'inconscient qui avait osé sous-entendre qu'elle pourrait apprécier de s'amuser le regretterait longtemps. La Gérante de la Monnaie avait accueilli sa remarque d'un de ses haussements de sourcils perplexes et d'un regard de glace. Cela avait jeté un froid dans le bureau, si tant est qu'il y eut besoin que la température s'y rafraîchisse encore, et tout le monde était retourné vaquer à ses occupations habituelles. Mais l'idée, elle, était restée. Flottant dans l'air comme le riche parfum d'un encens ou les arabesques bleutées d'un fin cigare, elle fit peu à peu son chemin parmi le personnel de la Mine.

Une pile impressionnante de demandes de congé arriva sur la table de Solal dans les semaines précédant l'événement. Toutes concernaient le soir fatidique, et bien souvent, le lendemain matin. Ses équipes, si laborieuses et si acharnées, désertaient les rangs pour aller... à un bal masqué ? C'était de la folie pure, sans doute. Voilà qu'il y avait quelque chose dans l'air qu'ils respiraient, ou dans l'eau qu'ils buvaient. On avait sans doute ensorcelé ses hommes, il n'y avait pas d'autres solutions... Si on mettait de côté l'hypothèse de la crise de folie collective, qui pouvait donc profiter de ce Bal (dont on ne savait rien des organisateurs, d'ailleurs) ? Sûrement les Pirates avaient prévu quelque chose, et tout le monde se laissait charmer par la promesse d'un divertissement facile et léger. Les rapports de ses espions ne lui apprirent rien qui ne soit plus étrange que d'habitude, mais tout cela lui semblait tout de même du plus haut degré de loucherie.

Solal aurait bien mis tout le monde sur le pied de guerre et empêché quiconque de quitter son poste ce soir-là, mais elle n'ignorait pas combien cette mesure serait impopulaire. Hors, si elle ne tenait pas tant que ça à sa réputation, elle tenait au bien-être des gens sous ses ordres ; et s'ils estimaient que cette incartade était nécessaire à leur épanouissement, elle ne pouvait pas la leur refuser. Il lui fallait donc trouver un juste équilibre entre ses craintes d'une attaque furtive et son désir de rendre ses employés heureux. Coupant la poire en deux, Solal n'accorda des permissions qu'à ceux qu'elle savait célibataires ou particulièrement méritant, et surtout dont l'absence ne gênerait pas en cas d'attaque. Méfiante, elle fit doubler la sécurité pour ce soir-là, et enjoignit ses relations au sein des autres Gares d'en faire autant.

Elle-même comptait rester à la Banque ce soir-là. Il était hors de question qu'elle aille folâtrer dans la Clairière pendant que ses hommes subiraient peut-être le feu des Pirates – remarquez, il était hors de question qu'elle aille folâtrer dans la Clairière tout court. Ce n'était ni son genre, ni sa joie. Qu'irait-elle y faire, de toute façon ? Elle ne savait pas danser. Elle ne buvait pas d'alcool. Les rencontres d'un soir ne lui inspiraient qu'une indifférence vaguement concupiscente. Les plaisirs du monde ne l'attiraient plus ; ni la chair des beaux jeunes gens, ni les mets délicats, ni les vins éclatants. Non. Rien ne lui faisait envie. Solal n'irait pas au Bal. Elle prendrait son épée et elle garderait sa Banque, comme il était de son devoir de le faire. Rien ne se mettrait entre elle et ce qu'elle estimait être juste et bien.

Et pourtant...
    « - Comment ça, un ordre ?
    - De Pendragon lui-même, mademoiselle. Il vous faut vous rendre au Bal, sous peine de, je cite, « devoir dîner en tête-à-tête avec lui. »
    - … C'est encore une de ses plaisanteries, n'est-ce pas ? Il a toujours eu l'air de se trouver drôle.
    - Heu, en fait, non, mademoiselle. Il est très sérieux. Vous avez-même là un ordre de mission signé et, heu... ilvousamêmeprévuunetenue.
    -
    - Je n'y suis pour rien ! Je... Je ne fais que mon travail ! Je... heu, je dois avouer qu'elle vous y ira sûrement très b...
    - Et si vous vous retiriez, messager ?
    - Bon, le décolleté est peut-être un peu plong...
    - Et si vous vous retiriez ? »
… Solal se devait aussi d'obéir aux ordres de son Chef, bien qu'elle n'eut pas refusé de l'étrangler si l'occasion lui en était donnée. Non seulement avait-il exigé sa présence à ce rassemblement social dont elle n'avait que faire, mais il lui avait même fait livrer une robe qui, qui... les mots manquaient à Solal pour la décrire. « Putassière » était peut-être un peu trop vulgaire, mais « féminine » semblait dépassé depuis longtemps et « sexy » n'était pas censé requérir si peu de tissus. La jeune femme aurait bien céder à la colère, pour une fois. L'objet de son ire gisait sur une chaise, profusion de soie blanche et de rubans - une robe longue, aux reflets de nacre immaculée, qui remontait de petites bottines compensées jusqu'à un décolleté en effet plutôt plongeant, enserrant les côtes à la manière d'un corset, accompagnée d'une paire de longs gants de soie, eux aussi décorés de rubans et de broderies.

On lui avait aussi prévu un masque – celui-ci ne manquait pas d'originalité et d'esthétique, elle était la première à en convenir – dont l'absence de praticité n'avait d'égale que l'anonymat total qu'il garantirait. Il s'agissait d'une folie de forme et d'arabesque, dans une matière blanche, douce et fraîche, que Solal n'arrivait pas à définir, et qui se terminait par deux ailes grandiloquentes, d'un bleu profond tirant sur le violet. L'ensemble comportait aussi quelques bijoux d'inspiration plus ou moins gothico-kitch. Le tout avait certainement était choisi avec goût, bien qu'un goût largement différent du siens ; et à son grand damn, elle devait admettre qu'il lui allait bien, bien qu'elle n'aurait jamais osé porter d'elle-même une chose pareille. Et cette menace fantasque... Un dîner en tête-à-tête ? Plutôt manger des pierres !
Contre son gré, elle irait donc au Bal.

Solal eût aimé que personne ne le sache, mais pour la bonne marche de la Mine, elle prévint tout de même ceux qui seraient de garde ce soir-là. La rumeur se répandit comme une traînée de poudre et elle eut à repousser, effarée, un certain nombre de galants. Comment pouvaient-ils désirer se rendre au Bal avec elle ? Cela la perturba jusqu'à ce qu'elle se mette en tête d'abattre deux fois la charge de travail habituel avant le Bal – et son lendemain, où elle risquait vraisemblablement de se montrer peu efficace. Ses employés gémirent, les rouages de son petit cerveau s'huilèrent, et plus personne ne fit de commentaires.

Vint le soir fatidique. Solal rejoins la Clairière au milieu d'un groupe de ses subordonnés, bien loin de partager leur excitation ou leur joie. Le voyage à travers les hautes herbes avait été étrangement calme, ce qui ne faisait que confirmer sa méfiance. Il y avait toute une fourmilière dans le coin, normalement ! Où étaient passées les bestioles ? Son petit groupe rejoins rapidement un grand buffet dressé au fond du site. Le lieu avait belle allure. Des guirlandes de lampions colorés offraient une lumière tamisée, disposés de telle sorte que de l'intérieur du Bal, on ne distinguait plus grand'chose de l'extérieur. Des fanions au sommet des herbes, un parfum de nourriture enchanteur ; et cette musique, qui déjà virevoltait dans l'air du soir, la mélodie d'une valse, si entraînante, si douce, si...


La blonde se surprit dans un état de rêverie qu'elle abandonna rapidement. Ses camarades se dispersaient déjà – tant mieux. Elle avala deux petits fours en un tour de main et saisit une coupe de ce qui devait bien être du Champagne – c'était bien la première fois qu'elle en voyait à Nulle Part ! Elle se dirigea ensuite vers une des nombreuses places assises qui entourait la piste de danse. Son objectif était très simple : repérer Pendragon, se faire repérer de lui, lui écraser délicatement les doigts de pieds d'un coup de bottine vengeur, et courir voire si sa Banque était encore sur pieds.
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