- Railway to Heaven ?

« C’est sur les rails qu’est notre destinée. »
 
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 Le toucher du bout des doigts. [Libre]

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Pendragon
Chef des Sédentaires
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Messages : 60
Date d'inscription : 01/12/2010

MessageSujet: Le toucher du bout des doigts. [Libre]   Dim 6 Mar - 15:21

Ombres dansantes. Horizon de feu. C'était peut être l'un des moments les plus beaux de la journée. Fallait-il encore savoir l'apprécier à sa juste valeur, mais rares étaient les personnes qui prenaient le temps. A Nulle Part, il y avait trop de choses à faire, trop de blessures à panser, pour se soucier d'un simple crépuscule du soir. Peut être... Peut être quand les choses iraient mieux, qu'il n'y aurait plus tant de conflits, les gens ouvriraient les yeux et regarderaient autre chose que leur propre petite personne. Pendragon ne les blâmait pas pour leur égoïsme. Loin de là. Il en était un, lui aussi. L'un des pires, mais ça, les gens ne le savaient pas. En tant que Chef, sa vie ne pouvait tourner au tour de son nombril -c'est ce qu'ils pensaient. Il faisait tant pour ce paradis déchu et pour ses habitants. Il fallait que la vie soit meilleure. Pas seulement pour les autres, mais aussi pour lui. Keith n'avait plus envie de connaître ce qu'il avait vécu à son arrivé. La solitude, le froid. Tout ça, quoi. Ouai, il faisait les choses surtout pour lui-même, mais tant que ça profitait aux autres, les intentions n'étaient pas importantes, n'est-ce pas ? Enfin, c'est de cette façon que le jeune homme se justifiait. Dur d'admettre qu'on se soucie du bien être des autres lorsqu'on est aussi fier.

La réunion s'était terminée tard, aujourd'hui. Il y avait tant de sujets à aborder, tant à débattre. Quelles voies restaurer en premier, quel budget y accorder, par où orienter les nouvelles recherches. Et puis, la question des pirates. Toujours la même : comment calmer les choses ? Tous s'accordaient à dire qu'il fallait user de la force. Que ces têtes de guimauve en poudre ne comprenaient que ça. Pourtant, on avait beau faire, les choses ne changeaient pas. Les attaques de ces bandits de grands chemins ne diminuaient pas. Hé oh ! Vous, là, sur le train ! Vous voulez quoi, à la fin ? C'est vrai quoi, bordel, c'était quoi, leur problème ? Pourquoi s'en prendre aux Sédentaires, si c'est le Château qu'ils voulaient. Le pouvoir aussi, sûrement, mais ça... Pendragon n'était pas prêt à le leur céder. Il avait travaillé bien trop dur pour les laisser faire. Non, vraiment. Il restait sur sa position : les négociations avec ceux de là-haut et au trou les nuisibles, avec une chaîne autour du cou et un nonos dans la gueule pour les faire taire.
Bref, les prises de tête, c'était fini pour ce soir. S'étirant paresseusement, Keith suivit des yeux tout ce petit monde qui se précipitait vers la sortie, pressé de retrouver la chaleur d'un lit ou des bras d'une femme ou d'un homme. Le jeune homme, quant à lui, n'avait personne à rejoindre. Enfin si. Une petite chose qu'il avait recueillit. Une fillette de seize ans d'âge, mais douze d'apparence et sept dans sa tête. Curieuse et posant beaucoup trop de questions, elle colorait un peu sa vie. Keith la gardait jalousement pour lui, l'aimant comme une petite sœur et refusant que quiconque l'approche, de peur de la perdre.

« Dis, où vas tu ?
- Là où on peut effleurer le rêve du bout des doigts.
- Je peux venir avec toi ?
- Non, il est tard.
- Tu reviendras ?
- Demain soir.
- Je t'attendrais. »

Pendragon la laissa ainsi, fuyant la ville. Il avait besoin de liberté. Besoin d'une journée sans voir personne, ni ne penser à rien. Le lendemain, on allait surement le traiter d'irresponsable, d'avoir ainsi quitté ses fonctions pour une simple balade. Qu'importait. Son sac sur le dos, il traversait déjà la Gare Centrale, les yeux braqués sur l'horizon en feu et la tête vide.
Il lui fallut une demi journée pour atteindre l'endroit souhaité. Keith le connaissait bien, depuis le temps qu'il vivait ici. Un de ses favoris et peu fréquenté.
Les pièges du Promontoire n'avaient plus aucun secret pour Pendragon. Il avait déjà grimpé ses marches tant de fois, récoltant une nouvelle cicatrise à chaque ascension, que le jeune homme pouvait atteindre la plateforme presque les yeux fermés. On disait que le Château y était rattaché, il y a de cela bien longtemps. Aujourd'hui, ce n'était plus qu'un rêve lointain. Le souvenir d'un passé plus glorieux.

Nulle Part était maintenant sous les yeux du jeune homme. Assit par terre, un sandwich à la main, il admirait le paysage. Parfois, sans que Keith n'y prenne garde, son regard se portait vers la haut, attiré par la bâtisse dans le ciel. Alors il tendait la main et avait presque l'impression de toucher le rêve de chacun et sa petite lui revenait en mémoire.

« Il parcoure ces terres, beau et solitaire. Pourquoi vouloir l'atteindre ?
- L'humain est ainsi fait. Il désir toujours ce qui lui est interdit.
- Je ne veux plus être humaine, alors.
- Que serais-tu, dans ce cas ?
- Ton ange gardien.
- Idiote. »

Le vent caressant doucement son visage, Pendragon se sentait bien.
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Solal Thorfrid
Gérante de la Monnaie
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Date d'inscription : 28/02/2011
Localisation : Gare du Nord

MessageSujet: Re: Le toucher du bout des doigts. [Libre]   Sam 12 Mar - 10:08

On avait déjà dû lui dire, au moins une bonne centaine de fois – et, Solal en était sûre, sa propre voix s'était maintes fois jointes à ce chorus.
On le lui avait déjà dis, oui, et il n'en avait pourtant fait qu'à sa tête, comme d'habitude, jouant les irresponsables, les filles de l'air. Que pouvait-il craindre, vraiment ? Les Gouverneurs étaient à ses pieds, les Sédentaires le vénéraient presque et le reste de la population lui vouait un respect mitigé. Même pour les Pirates, il n'était pas n'importe qui. Il était une icône. Il était le Chef.
Et le Chef avait disparu depuis une douzaine d'heures.

Face à cela, Solal avait deux interrogations. Si la première n'était qu'une suggestion logique (« Pourquoi n'est-il pas suivi par quelques gardes du corps ? »), la seconde, elle – « Pourquoi est-ce moi, Gérante de la Monnaie, qui suis censée lui courir après ? » – lui semblait d'une causalité moins claire. Voire d'une causalité inexistante, si on voulait son avis franc sur la question ; mais les visages inquiets des administrateurs de la Gare Centrale, leurs petits sourires nerveux et leurs mains moites avaient eu raison de ses réticences. Ce n'était pas comme si c'était la première fois.
Allez-y, Solal, vous saurez le retrouver et le raisonner. Il ne peut pas avoir été enlevé, n'est-ce pas ?
Bien sûr que non, imbécile. S'il avait été enlevé, nous le saurions déjà, que des petits bouts de sa tignasse déchiquetée polluent les rails, ou que je sois entrain d'activer mes hommes pour couvrir le montant de la rançon.
Mais elle ne pouvait pas dire ça, n'est-ce pas ? Pas vraiment. Cela ferait désordre, une telle saute d'humeur ne pouvant être que contre-productive. La blonde avait donc fait son sac, envoyé un message à sa Gare prévenir de son absence et remercié sa bonne étoile de l'avoir envoyée à la Gare Centrale au moment où Pendragon piquait une de ses petites lubies. Elle avait aussi engagé une équipe réduite de mercenaires, trois individus déjà connus de ses services. Les Herbes étaient plus dangereuses que jamais et ils avaient déjà subi les assauts d'un couple de lézards. Tant que ce n'était pas des fourmis, ou des cafards, ils pouvaient s'estimer chanceux ; et tant que leur petite escapade n'était connue de personne, ils avaient une chance de rentrer sans trop de problèmes.

C'est qu'il y avait une bonne demi-journée de marche de la Gare Centrale jusqu'ici... Et il avait intérêt à se trouver dans les parages. Non, il était dans les parages. Elle le savait. Il était souvent dans le coin. Comment avait-elle su ?
En posant pieds sur l'un des sentiers caillouteux qui serpentaient jusqu'au Promontoire, la jeune femme tenta de reconstruire le cheminement intérieur qui l'avait menée à le chercher ici. C'était une de ces intuitions qui vous viennent, ne vous lâchent plus, vous prennent la main et vous conduisent sur les sentiers tortueux de votre destin. Solal ne croyait pas au destin, mais elle croyait en ses intuitions. C'était quelque chose qu'elle avait gardé d'avant.
Il avait dû passer une mauvaise journée et avoir besoin d'espace. Et il n'y avait pas de lieu plus spacieux que le Promontoire ; d'ici, on voyait presque tout Nulle Part. Les Herbes, les petites Gares, les nuages, le Château... Le Château. Il intriguait Solal – il intriguait tout le monde – mais il lui semblait récemment s'éloigner, se brouiller, s'échapper de leur portée. Il avait paru si proche, les premiers temps...
Mais déjà elle atteignait le sommet des ruines et y reconnaissait la silhouette familière du brun Chef des Sédentaires.

Solal pausa son bardas contre une pierre et indiqua à ses gardes du corps de l'attendre là. Il n'aimerait pas la voir arriver, mais elle se doutait confusément que sa réaction serait pire si elle débarquait accompagnée. Dépassant les monticules, elle s'arrêta un pas derrière son Chef. Il lui tournait le dos, vraisemblablement perdu dans une rêverie des plus délicieuses. Si elle avait eu un cœur, elle se serait haïe pour ce qu'elle s'apprêtait à faire. Il était bienheureux que dans sa poitrine ne raisonne que le chant de l'eau sur la pierre.
Elle claqua des talons.

« Pendragon », appela-t-elle doucement.
« Excusez-moi d'interrompre votre réflexion, Chef, mais une quantité non négligeable de travail nous attends. »
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Pendragon
Chef des Sédentaires
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MessageSujet: Re: Le toucher du bout des doigts. [Libre]   Sam 12 Mar - 14:54

« Tu sais, Keith, pour mieux se retrouver, il faut se perdre un jour.
-Une jolie phrase pour te faire croire à l'impossible.
-Pourquoi tu dis ça ?
-Je me suis perdu il y a bien des années de ça et la sortie me semble encore bien loin.
-Tu sais qui tu es et c'est déjà ça, n'est-ce pas ? »

Qui il était ? C'était une bonne question. Pendragon portait tant de masques, jouait tant de rôles, qu'à la fin, il était difficile de savoir lequel était le vrai. En fait, dans chacun de ses personnages, il y avait un peu de réalité. En prenant un petit bout par-ci et par-là, il était possible de modeler l'homme qu'il était. Chef colérique et irresponsable. Grand frère maladroit et jaloux. L'homme solitaire et mélancolique. Tout ça, quoi. Il essayait de comprendre, de se comprendre lui-même, assit là, les yeux perdus dans le vague. C'était peine perdue. Chiant à souhait et plus encore. Ça servait à quoi, de toute façon ? Il fallait qu'il songe à dire à Eden -car tel était le nom de sa petite- qu'il fallait qu'elle arrête avec ses réflexions et ses questions. C'était trop prise de tête. Trop fatiguant. Il avait déjà tant de travail pour prendre le temps de se remettre en question. Si Pendragon était venu ici aujourd'hui, bravant la futur colère de ses « collègues », ce n'était sûrement pour méditer sur sa condition de pauvre humain -s'il en était un- perdu, ne sachant pas trop si son avenir était ici ou ailleurs. La seule chose dont le jeune homme était certain, c'était que son devoir était d'améliorer celui des autres. Une affirmation hyper crédible, sachant qu'il était entrain de sécher le boulot comme un gosse. Crise d'adolescence « The retour » ? Secouant la tête, il chassa toute culpabilité naissante d'un revers de main. De toute façon, c'pas comme s'il était indispensable. Ceux de la Gare pouvaient bien se passer de lui une petite journée. C'était pas, non plus, des incapables ! Quoique...

Le temps passa à une vitesse folle. Sans que Keith ne s'en rendre vraiment compte, c'était déjà le milieu de l'après midi.
Un bruit de talons claqua dans son dos, faisant sursauter le Chef des Sédentaire. Oh non. Il n'avait vraiment pas envie de se retourner, craignant d'y découvrir le pire. Pourquoi ne pouvait-il jamais se retrouver seul quelques instants -journées ?-, hein ? En son fort intérieur, le jeune homme priait que ce soit un simple nomade, un voyageur qui venait faire en ce lieu une halte, admirer le paysage et partir sans dire mot, mais la voix si familière et quelque peu froide ramena Keith, vite fait bien fait, à la dure réalité.
Pendragon se releva le plus doucement possible et se tourna vers l'arrivante, un sourire forcé fiché sur ses lèvres.

« Solal, quelle surprise. Vous venez, vous aussi, profiter du paysage ? »

L'agacement était tout à fait palpable dans la voix du jeune homme. Franchement, il ne s'était absolument pas attendu à ce que l'iceberg en personne vienne le tirer par les oreilles et le ramène à son bureau. C'en était presque traumatisant. A peine arrivée et déjà les lèvres -assez désirables, dirons nous- de la belle blonde lui sortaient un gros mot : travail. C'était un coup des administrateur, il en était sûr. Aucun d'eux n'aurait osé venir lui chatouiller les orteils ici, mais elle... Quelque part, cette femme était admirable. Droite, travailleuse, plutôt pas mal -même si son uniforme gâtait un peu la chose-, Solal était une administratrice plus qu'efficace et indispensable. Cependant, son obsession du travail avait quelque chose d'insupportable.

« Faire tout ce chemin rien que pour me retrouver... Je ne pensais pas vous être si important. Les incapables de la Gare Centrale ne peuvent-ils donc pas se débrouiller sans moi ? »

Aucun tact. Aucune délicatesse. Pendragon dit ce qu'il pense comme ça lui vient, mais bon... Tout le monde devait avoir l'habitude. Cela faisait bien longtemps qu'il était Chef et sa façon d'être avait toujours été la même.
S'étirant paresseusement, il porta son regard au loin, en direction de la Gare Centrale. Il aimait cet endroit. Tant de gens y passaient. C'était toujours très vivant. Il n'avait guère le temps de profiter des ruelles de ce lieu, de faire des rencontres, croulant sous le travail -plus encore quand Solal était présente. Alors il lui arrivait de déserter son bureau. Ça agaçait tout le monde, bien sûr, mais on évitait de lui faire la moindre remarque connaissant le caractère du jeune homme.

« Pourquoi ne resteriez vous là, ici, avec moi encore un peu. De toute façon, même en partant maintenant, on arrivera bien trop tard pour se mettre au boulot. »
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Solal Thorfrid
Gérante de la Monnaie
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Date d'inscription : 28/02/2011
Localisation : Gare du Nord

MessageSujet: Re: Le toucher du bout des doigts. [Libre]   Mar 21 Juin - 16:53

Maintenant qu'elle l'avait retrouvé, la blonde sentit une tension intérieure se détendre, une crispation dont elle n'avait pas eu conscience jusque-là. S'était-elle inquiétée ? Non, ridicule. Elle avait juste mené à bien la première partie de sa mission – c'était la satisfaction du devoir accompli qu'elle ressentait, avant que ses nerfs ne soient à nouveau mis à rude épreuve. Traiter avec Pendragon était en soi une activité frustrante. L'homme pouvait se montrer fuyant, lâche, flemmard et, pire que tout, taquin.

« Il n'est pas de mon ressors de juger des compétences de mes collègues, Chef. Mais je dois admettre que votre disparation a provoqué un certain émoi dans les bureaux de la Gare Centrale. » Répondit-elle simplement.

Le vent des hauteurs traversait les cheveux de Solal, se jouant de ses mèches comme il se jouait des fleurs minuscules qui poussaient sur le Promontoire. La fraîcheur de la bise lui mordait les joues et colorait légèrement ses pommettes, mais la jeune femme l'ignora. Cela faisait bien longtemps que le froid ne la touchait plus. Bien qu'elle ait voulu oublier les souvenirs de nombreux hivers heureux, dans la neige insulaire et aux pieds des volcans, son corps s'en rappelait encore ; et elle était sans doute l'une des rares habitantes de Nulle Part à supporter sans broncher le froid de la nuit qui ne tarderait pas à descendre sur la Plate-Forme.
Mais il était encore tôt et il restait plusieurs heures avant que l'horizon ne s'assombrisse à l'ouest. Une vive lumière éclairait encore les Herbes mouvantes et à leurs pieds, dispersées dans l'espace comme autant de perles de rosées, les petites Gares brillaient dans le lointain. Profiter du paysage, disait-il ? Cela risquait de les faire rentrer de nuit, ce qui ne l'enchantait guère. Passer la nuit ici, et repartir à l'aube ? Hors de question. Outre le fait qu'ils n'avaient rien pour dormi, ils n'étaient que cinq avec les mercenaires qu'elle avait engagé et si des feux tiendraient les bêtes éloignées, ils les rendraient plus qu’aisément repérables... Et s'il y avait bien une chose dont Solal n'avait pas envie, c'est que les petites escapades du Chef s'ébruitent. Il ne manquerait plus qu'ils aient à fuir le Velvet ou le Silence, là, en plein milieu de Nulle Part, sans renfort à proximité.
Pourtant, les ordres étaient les ordres. Le Chef voulait rester. Soit. Ils resteraient. Sûrement pouvaient-ils encore se permettre une heure ici ? Les mercenaires étaient fatigués de la marche, de toute façon. Elle les entendait se passer des gourdes et bavarder à voix basse derrière elle. Oui, ils pouvaient bien faire une pause. Il faisait chaud, dans son uniforme. Elle-même devait admettre qu'elle avait soif.

« Soit. Nous resterons ici quelques temps, mais vos administrateurs ont été très clairs, Chef. Votre présence leur es indispensable. »

La jeune femme transmis la consigne à son escorte, reprit sa besace, et alla se placer aux côtés du brun. D'ici, son regard embrassait mieux l'immensité du ciel et de la terre ; et du château, là-haut, si près et pourtant si loin. Ces vues lui étaient maintenant familières, et pourtant, six ans après, continuaient parfois de surgir, du coin de l’œil, les rues et les gens qui... Solal se raidit imperceptiblement et chassa de toutes ses forces les images qui lui venaient à l'esprit. Oui, elle aurait aimé qu'ils soient là et qu'ils voient ce qu'elle voyait. Inspira profondément, elle fit mine de chercher quelque chose dans son sac pour s'occuper les mains. Ses doigts attrapèrent une gourde et elle la tendit machinalement à son interlocuteur, alors qu'elle expirait doucement ses angoisses dans un souffle discret.

« Vous devez avoir soif. Tenez. »


Ce disant, elle jaugea l'état de son Chef d'un regard perçant. Pas très propre, pas rasé... Les vêtements sales et vaguement débraillé ; une attitude indigne, comme souvent. Pendragon ne pouvait pourtant pas ne pas se rendre compte de l'importance qu'il avait. Il était le Chef, leur Chef – et il était surtout le moteur dont ces incap... dont les collègues de Solal avaient besoin pour fonctionner. La plupart était des gens simples, plus ou moins habitués à la vie sur Nulle Part et pour qui la présence d'un leader fort était indispensable. Certains avaient retrouvés dans le travail d'administrateur une certaine stabilité et frisaient la panique dès la moindre perspective de changement. C'était délicat à gérer, mais comment leur en vouloir ? Solal elle-même s'était réfugiée dans le travail. Il n'y avait pas de mal à ça ; au contraire, c'était très productif.
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