- Railway to Heaven ?

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 Petite visite ( Reservé Aël )

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Khayr Chei ad-Dîn
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MessageSujet: Petite visite ( Reservé Aël )    Dim 6 Mar - 2:15

Khayr n’aimait pas beaucoup les médecins, ni les médicaments. Il avait toujours pensé qu’il pourrait très bien survivre avec ses méthodes de grands-mères. Sauf que, ça ne marchait pas toujours. Mais il était têtu.

Alors oui. Cette grosse plaie là, à son bras, il avait laissé le temps à la chose de ne pas guérir. Parce qu’il pensait que ça allait guérir tout seul, en buvant un peu d’eau chaudes avec des feuilles dedans. Et ce bougre là s’était chopé une fièvre de cheval, et la plaie en elle-même n’était pas bien jolie !
Il se souvenait parfait de la douleur lorsqu’il s’était relevé, et que la tuyauterie mal placée lui avait juste arraché la moitié du bras. Il est presque convaincu qu’il y reste de la peau, sur ces tuyaux ! De beaux tuyaux, tout neufs, qu’il venait de graisser. Bien tranchant, les tuyaux dont le métal n’avait même pas été poncé.

Bref. Il n’avait même pas nettoyé ça directement. Fallait d’abord finir le travail, et le travail il n’attend pas. Et après, comme à son habitude, il avait oublié. Non parce que, oui, oublier une plaie pareille, il en était capable. Comme il était capable d’oublier la pièce la plus importante d’une machinerie, dont on l’avait harcelé pendant trois jours avant le moment fatidique. Ca lui avait valu de nombreux claques. Ca ne l’empêchait pas de recommencer. On appelait ça le mouvement perpétuel.

Mais soit revenons en à nos moutons, c'est-à-dire la grosse plaie devenue encore plus moche qu’avant du petit arabe. Maintenant, c’était gonflait, c’est rouge, c’était…Bref, passons les détails médicaux.
Le médecin n’était pas toujours présent, il accompagnait souvent les vaisseaux qui partaient conquérir le monde, ou presque. Et Khayr était convaincu qu’il était parti avec le Silencieux. Non pas parce qu’il n’avait VRAIMENT pas envie d’aller voir ce timbré, mais parce qu’il était tout à fait convaincu de son absence, si si, tellement que, franchement, à quoi bon aller à l’autre bout de la gare si ce n’est que pour découvrir quelque chose d’évident.

Mais il ne pouvait pas rester comme ça, avec ce vieux morceau de tissus crasseux qui lui irritait la plaie plus qu’autre chose. Le petit brun jeta ses jambes par-dessus son hamac, et se laissa choir sans aucune grâce sur le plancher.

Il se dépêcha de descendre les escaliers, parmi les ronrons capricieux des vapeurs. L’immensité de la gare était plutôt calme, une majeure partie des pirates étant plutôt occupés à soit se reposer, soit à batailler, là bas, loin, dans le navire absent.

Les ouvriers prenaient leur pauses, c’était l’heure du chocolat chauds et du café qui réveille. Mais surtout , c’était … La pause cookies ! Et le petit arabe ne put donc s’empêcher de faire quelques détours de ci de là, et y piquer avec les yeux qui papillonnent les casses croûtes chocolatés des autres.
Ce fut donc avec un cookie en bouche et d’autres en réserves, parce que personne ne résistait, et ceux qui osaient se faisaient de toute manière voler, que l’arabe se dirigea vers le fameux wagon.
Ce wagon là, il avait l’habitude de l’éviter . L’habitant avait un peu…Ma foi, folklorique sur les bords. Haut en couleurs, même ses cheveux étaient ceux que l’on remarquait le plus. Faut dire que des rouquins pareil, il n’avait pas eu beaucoup d’occasion d’en voir. Dans sa vie passée, étant dans les pays arabes, c’était plutôt rare. Voire inexistant, disons le clairement.

C’était assez fascinant, et en même temps vachement flippant. C’était un peu une sorte de démon, un truc un peu magique, dangereux, certainement. Comme les yeux bleus. Les rumeurs de son pays disaient que ceux aux yeux bleus étaient maudits, et que ceux qui posaient leur regard sur celui aux yeux bleus devenait à son tour maudit à jamais.

Ben c’était un peu le même genre de chose. Ce roux là était un peu effrayant, et Khayr n’osait pas trop le regarder, comme si la seconde d’après il allait se faire foudroyer et mourir instantanément. Remarque, la mort, il savait déjà. Mais quand même, c’était pas très agréable, comme moment.

Bref. Après moult inspirations et autres réflexions sur comment est-ce qu’il pourrait s’adresser à cet énergumène, ainsi que plusieurs engloutissements de cookies, il se décida, et toqua.

Il fut évidemment invité à entrer par une voix qu’il connaissait déjà. Il se racla la gorge et poussa la porte. Un peu stressé, il embraya directement
.
« Euh, bonjour, c’est juste parce que, j’ai…Mal, maintenant, et donc, je, voilà. »

Il avait tendu son bras, un peu brusquement, et retiré le bandeau qui lui servait de protection, mais qui avait sûrement dû empirer les choses.

« Si tu as quelque chose à mettre là-dessus… »


Il avait dit ça, et ne pouvait s’empêcher de contempler l’environnement dans lequel i lavait soudainement été plongé. Très coloré. Farfelu, brillant. Fou.
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Aël
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MessageSujet: Re: Petite visite ( Reservé Aël )    Dim 6 Mar - 11:59

Cette fois-ci Aël ne dormait pas. Ho non pensez vous. Deux jours plus tôt le Velvet était revenu d'un raid X ou Y avec environ dix caisses de médications en tout genre. La petite chaîne de grands baraqués avait donc serpenté jusque devant son humble demeure, et il avait du attendre en croisant les bras que ces messieurs déchargent leurs affaires en souriant narquoisement. Et depuis il rangeait. Oui ça faisait deux jours.
Un wagon comme ça, ça peut sembler grand, le sien l'était d'ailleurs, effectivement, mais les trois quarts étaient en fait occupés par "l'arrière-boutique", à savoir un stock d'onguents, d'herbes, de lotions et potions en tout genres classées avec soin. Avec grand soin. Aël, apothicaire traumatisé et classeur compulsif à ses heures perdues. Au moins le peu d'utilité qu'il pouvait avoir il le faisait à fond, tout était si bien rangé qu'il vous retrouverait n'importe quoi en un quart de seconde -cette pièce formait d'ailleurs un contraste assez choquant avec sa chambre de romanichel- mais essayez d'y rentrer, de penser toucher un bocal et il deviendra hystérique. Voilà. S'pour ça que personne n'y rentre en fait. Donc là, au troisième jour de rangement, il s'occupait des fioles et autres trucs qu'on lui avait apporté sans étiquette, sans petit papier indicatif. Il devinait pour une grosse moitié leur utilité, après tout certains n'étaient pas estampillés parce qu'il s'agissait de médicaments assez répandus ou au contraire assez atypiques pour ne pas être confondus. Et certains finissaient dans la zone la plus reculée de son wagon, là où il stockait les poudres et autres trucs non-identifiés, et où quand il s'ennuyait il allait jouer à "Devine ! D8". Et puis on frappa à la porte. Il haussa la voix pour crier « Entrez » malgré lui et dut se lever en abandonnant cette très étrange gelée bleue nacrée qui émanait une odeur mentholée. Ha. Peut-être du dentifrice maintenant qu'il y pensait. Il enjamba la dernière caisse de produits hétéroclites, et retourna dans sa chambre, possédant la seule porte qui communiquait avec l'extérieur. Dans l'embrasure se tenait un garçon à la peau tannée et aux cheveux sombres. Vêtements fonctionnels, un peu tâchés, bras à l'air libre à l'exception d'un bandage. Son contraire quoi. Dans la seconde en fait, il le salua brièvement et l'informa qu'il avait mal. Ho. Et en même temps l'apothicaire serait un peu gêné de lui répondre du tac-au-tac que c'était dommage pour lui mais qu'il n'était pas infirmière. Et puis s'il donnait des médocs sans passer par le vieux ça allait être la fête à mémé, il aurait une empreinte de savate sur la joue pendant les deux semaines à venir. Il réfléchit à une façon plus courtoise d'exposer sa situation quand un bras surgit devant son nez. AGRESSION ! Il eut un mouvement de recul, puis encore un autre quand le bandage tomba. Il manqua de s'évanouir, simple réflexe psycho-morphologique, et pendant qu'il se raccrochait à un mur ne pouvait s'empêcher d'analyser. Déjà il avait envie de vomir, ça indiquait que la plaie était sans doute infectée, parce qu'une plaie saine le faisait juste tomber dans les pommes. Et c'était une sorte de coupure nette, provoquée par un métal ou dieu savait quoi. Et sale comme s'il avait essayé de se farcir le bras avec de la suie. Okay, ça allait être génial.
Il se redressa sur ses jambes, avec la désagréable impression que ses genoux tremblaient et retourna dans son antre à l'odeur d'herbe.

    - Je crois que je peux trouver quelque chose.

Non encore heureux, c'est surtout qu'il acceptait de lui donner quelque chose en fait. D'ailleurs il n'allait rien faire de plus. Alors. Le petit pot en bois, et trois étagères plus loin, la petite bouteille transparente. Ha, il était trop bon décidément. De retour dans la chambre il fit signe du bout du doigt à l'autre de sortir et s'asseoir sur les quelques marches qui donnaient l'accès au wagon, s'assit lui même sur la plus haute et posa la bouteille.

    - C'est une pommade que fabriquent les nomades. Ça ne pique pas mais ça sent fort. C'est pour anesthésier.

Anesthésier quoi ? Haha. Et bin la partie marrante qu'il n'allait justement pas faire. Il plongea ses doigts dans le pot en bois, les ressortant badigeonnée d'une épaisse substance visqueuse, verte émeraude parsemée de fragment de. Trucs. Notamment des bouts de chenille coupée si on regardait bien. Aël en étala une couche généreuse sur la plaie, dépassant largement même, et s'essuya la main sur une petite pièce de tissu lamdba attrapée quelque part et qui ferait office de mouchoir pour la journée.

    - Dans un quart d'heure ton bras sera plus ou moins insensibilisé. Parce que tu vois les trucs noirs là, là et là, et ce truc qui commence à virer jaune, c'est que tu as commencer à cicatriser par dessus la saleté. Donc tu va devoir gratter ta plaie, la faire saigner sainement, la nettoyer. Et là ça fera mal au fait, j'espère que tu supportes. Je te fais le pansement après.

La nettoyer avec de l'alcool extrait de plantes, trop concentré pour être buvable, la petite bouteille anonyme cachée derrière son pied. Ça allait être drôle. En attendant, l'onguent sentait la vase, une odeur capiteuse perdue entre la décomposition et la fermentation de tissus vivants.

    - C'est arrivé comment ?

Oh ça n'avait plus aucune importance maintenant. A moins qu'il nait travaillé proche d'un nid d'insectes parasites ça ne changeait rien à la façon dont il fallait le traiter, mais histoire de faire la conversation, ils avaient quinze minutes à faire passer. Et lui n'avait rien de plus passionnant qu'à différencier de la pâte à dents et du baume de la Gare du Sud alors...
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Khayr Chei ad-Dîn
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MessageSujet: Re: Petite visite ( Reservé Aël )    Dim 6 Mar - 13:25

Khayr se rendit vite compte qu’il avait été un peu trop brusque avec l’animal en question. Il n’arrivait vraiment pas à le regarder, ses yeux sautant d’un objet à l’autre. Lorsqu’il essayait de fixer son interlocuteur, ne serait-ce que par politesse, automatiquement sans qu’il n’eut quoi que ce soit à dire, ses yeux repartaient. Réflexe. C’était stupide, il n’allait pas être maudit, mais c’était tellement étrange que c’était presque insupportable à regarder. Surtout qu’il avait les yeux VERTS , mais un vert, il en était certain, introuvable dans la nature. Un démon, il le savait.
Il hocha vaguement la tête, interdit face à ce qu’on lui annoncer.

« Anesthésier ? »


Mais il ne voulait qu’on l’ampute ! C’était quoi cette historie d’anesthésie ! Y’avait rien à anesthésier, il demandait juste une gentille petite crème qui sent le miel et qui guéri tout, rien de plus !
Il eut un petit mouvement de recul face à cette annonce, fixant le pot que tenait l’énergumène avec horreur.

Assis sur les marches, comme on le lui avait ordonné, il contempla avec un dégoût fort marqué l’espèce de…Truc dégueulasse que contenait le pot. Le petit arabe eut mal au ventre, un genre de malaise qui venait, et qui remuait les tripes, un haut le cœur qui allait lui faire vomir ce qu’il avait dans le bide. Il regretta d’avoir mangé des cookies, ce fut une erreur fatale, s’il avait su.
En plus, y’avait…DES MORCEAUX !

« Mais, c’est…C’est dégueulasse ! »


Il eut comme réflexe de protéger son bras. Plutôt se le faire amputer que d’y appliquer ça ! Puis, froncement de sourcils. Non, en fait, non. Tant pis. Il tendit le bras, et le farfelu vint lui appliquer la chose. C’était froid, et en même temps, cela lui fit de rapides petits picotements.
Puis, il écouta les explications. Avec horreur.

« Gratter ? Mais…Y’a …De… »

Il soupira. Bon, de toute manière, il n’avait plus le choix. Il pourrait très bien se mettre à courir très vite et surtout très loin, mais il aurait l’air stupide, et surtout qu’est-ce qu’il ferait d’un bras à moitié anesthésier.
Il haussa les épaules.

« C’est pas grave si ça fait mal, ça a déjà fait mal, ça ne me tuera pas. »

Il rigola vaguement. Ca le faisait toujours rire, lorsque l’on évoquait la mort. Enfin, il irait surtout pour ne pas en pleurer. Chacun sa manière d’aborder la chose.

« En tout cas, ce sera moins douloureux que si j’avais été chez l’autre timbré. Il m’aurait coupé le bras, et puis m’aurait renvoyé chez moi. »


Il était très contente de son absence, par ailleurs. Il fixa le truc puant qu’il avait sur son bras, bras qu’il tenait relativement loin de son nez histoire de ne pas vomir sur les genoux de son locuteur. Ils auraient eu l’air malin. Surtout que, vu la blancheur de l’autre, il allait certainement s’évanouir !
Khayr avait toujours un peu de mal à appréhender ces peaux si blanches, c’état si différent ! Lui n’était pas non plus noir charbon, mais le petit apothicaire était vraiment pâle comme les fesses !

« Et on va gratter avec quoi, au juste ? »

C’était toujours intéressant à savoir. Bon, en tous les cas, c’était horrible, mais, il y avait une solution, et il allait être guéri et débarrassé de cette chose qui l’empêchait de bien faire son travail et de dormir sereinement. Il n’aimait pas beaucoup les handicaps, et cela l'énervait lorsqu’il avait mal et qu’il ressemblait à un chien boiteux.
Le petit brun haussa les épaules en réponse à la question, comme si c’était quelque chose d’habituel, et de pas si grave, en fin de compte.

« Oh, c’est juste…Un tuyau mal placé, et mal poncé, et voilà, ça coupe, et bon…C’est comme ça. Je me blesse souvent dans les machines, mais ce sont toujours de petites coupures, alors j’ai juste un petit onguent arabe qui soigne ce genre de chose. »


Il esquissa un vague sourire, pour être gentil. Khayr était du genre bavard, alors faire la conversation ne lui posait aucun soucis. Il se décida à enfin lever les yeux sur cette tête blanche, percée de trous verts brillants et aveuglants, et affublé de cette étrange couleur de feu.

« Je, euh, ce sont...Tes vrais cheveux ? »


Il ne se sentait même pas gêné de la question, pour lui ce n’était pas forcément quelque chose de vexant.
Faut dire que, malgré le fait que dans ce pays des morts, comme il l'appelait, il aurait eu l'occasion de croiser un tas d'énergumènes en tous genre, et y aurait été habitué. Seulement, ce ne fut pas le cas. Il ne se sortait pas beaucoup, plongé dans les ventres des vaisseaux à longueurs de temps lors des sorties, et enfermé dans les tuyaux et autres rouages dans la gare. Et puis, il n'était pas ici depuis très longtemps. Cela l'étonnait donc toujours.

« Chez moi, enfin, avant ici, tu sais, dans mon pays ceux qui avait les yeux bleus étaient des gens maudits. Je crois que tu aurais amené une nouvelle croyance populaire, avec tes cheveux et tes yeux ! »


Il rigola, et, comme à chaque fois qu’il évoquait son passé, tritura le bijou qui pendait à son cou. La discussion lui faisait presque oublier le truc gluant qui patientait sur son bras, et qui, gentiment, le picotait d’insensibilité.
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Aël
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MessageSujet: Re: Petite visite ( Reservé Aël )    Dim 6 Mar - 14:43

Lui couper le bras ? Aël sourit malgré lui. C'est vrai qu'il était terrible le vieux, il encourageait pas les gens à se faire porter pâle pour rien. Il vous soignait à grands coups de pieds dans les miches, vous houspillait tout le temps, vous criait dessus... Mais il faisait bien son boulot, on pouvait pas lui retirer ça. Les mots coulèrent de ses lèvres, sans doute heureux de rire avec quelqu'un pour une fois.

    - Ouais il t'aurait hurlé dessus pendant une heure et demie comme s'il allait t'apprendre ton métier et pendant des mois tu te serait plus cogné nulle part tellement t'aurais eu peur de le revoir.

Enfin peur toute relative. Avec quoi ils allaient gratter ? Ha. Ca n'aurait tenu que de lui, ça aurait été au couteau suisse à la one again, de toute façon ils désinfectaient après, mais le vieux allait débarquer en hurlant quelque chose comme quoi il déshonorait toute la profession alors.. Alors il ne répondit pas, rentra illico et fouilla pendant cinq bonnes minutes sa chambre, le temps de remettre la main sur les ustensiles de base qu'on lui avait donné. Notamment un petit couteau qui avait été conservé stérile. Il revint vers le machiniste, s'approcha du bras sans problème, puisque la pâte poisseuse masquait l'horreur, et lui pinça un peu de peau pour voir si l'anesthésie suivait son cours. He bien, ce serait bientôt prêt. Si ses cheveux étaient des vrais cheveux ? Où diable aurait-il pu les acheter ? Enfin hé, il pouvait pas se moquer, la plupart de ses cheveux étaient présentement dans un petit coffret ouvragé posé sur le seul meuble de la pièce. Et ce qu'il avait sur la tête et bin... C'était... plus grand chose. Machinalement il chercha du bout des doigts parmi les tissus et les perles attachées à sa tête les longues mèches avec lesquelles il avait longuement vécu. Et ne trouva rien, bien évidemment.

    - Oui mes cheveux sont naturels. Euh tu sais avant ils étaient bien plus longs, se sentit-il obligé d'expliquer.

Mais un jour un type est venu et les a coupé pendant que je dormais. Mais ça il n'allait pas le dire hein, il n'avaient pas gardé les boites de dentifrice ensembles que je sache, hein ? Il écouta son histoire de gens aux yeux bleu qu'on considérait comme maudits, l'air doucement dubitatif. Triste pays à son avis. Enfin l'idée de lancer une religion lui plaisait assez. Même qu'il se ferait appeler Jésus et que... Bah. Non en fait, il n'avait pas énormément d'ambition. Il ne désirait quasiment rien qu'il n'avait pas déjà.

    - C'était quoi ton pays ? Quelque part où il faisait chaud ?

Il plaça le couteau entre les mains colorées de soleil, attrapa son morceau de tissu pour essuyer les restes de crème verte et rinça le bras avec un autre linge humide, en pâlissant à vue d'oeil.

    - Bon bin bon courage maintenant hein. Je vais chercher des... bandages.

Des bandages, des trucs des machins, en tout cas j'y vais hein, amuse-toi, moi je ne regarde pas. Rien que d'imaginer la lame du petit couteau gratter la chair déjà à vif et les croûtes toute récentes. Huh. Il en avait les jambes qui flageolaient et se rattrapa l'air de rien à une étagère. Donc des bandages. Forcément il en avait pas des masses mais ça devait se trouver quelque part. Ha et puis après réflexion il devrait vite y retourner là bas, oui pour lui balancer de l'alcool dans les chairs, ce qui achèverait de le faire bien hurler. Ha. Il avait hâte dis donc. Vraiment. Il se donna le temps de traîner quelques secondes, respirant l'odeur de poussière et de mille et une feuilles de la réserve avant de prendre une grande inspiration. Et de sortir. Il contourna son patient dans les escaliers en essayant de ne pas voir la plaie, déboucha la bouteille et posa une main sur le poignet à bonne distance de la blessure.

    - Tu peux crier si tu veux. Mais si tu bouges je peux pas te retenir, alors évite parce que ça rendrait juste les choses plus compliquées.

Et oui on était formé par le vieux, ou on ne l'était pas. Et c'était parti pour la première petite rasade d'alcool au milieu du sang carmin, des la chair crue battante et des petits grains de saleté fraichement délogés. Il se sentit partir l'espace d'une seconde, mais raffermit sa prise sur la bouteille en verre et attrapa un linge neuf, de quoi tapoter doucement le truc pour en chasser les dernières petites particules de suie. Et après, peut-être qu'il s'évanouirait. Peut-être.
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Khayr Chei ad-Dîn
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MessageSujet: Re: Petite visite ( Reservé Aël )    Lun 7 Mar - 16:15

Le petit arabe rigola lorsque l’on évoqua les manières quelque peu violentes du vieillard.

« Il est terrible . Mais au fond, c’est quelqu’un de doux. »

Son regard s’était perdu dans le vague. Il se souvint avec une douleur nostalgique de son arrivée ici, au pays des morts. Son pouce s’arrêta sur la courbe parfaite d’un rubis.
Il se souvint que lorsqu’il avait été recueillit, il était presque fou. Fou de douleur, de cette mort dont il rêvait chaque nuit. Le visage de son père lui revenait, ce visage déchu, un dieu tombé au sol. Comme il aurait voulu rendre son père heureux. Khayr n’eut retrouvé la raison que grâce à ce vieillard. Un soir, alors qu’ils croisaient le même chemin, cet homme là fut rassurant.
« Ton père n’est pas ici, dans ce monde. Il est en paix. »
C’était une maigre consolation, mais l’enfant fut rassuré, réconforté par cette voix douce et âgée qui avait sûrement du perdre bien plus que l’on ne le pensait. Et puis, la fois suivante, le vieux lui avait de nouveau braillé dessus. Le petit arabe avait sourit.
Il soupira un peu. Puis regarda le rouquin le pincer, et fut amusé de n’y rien sentir. Il nota aussi dans un coin de sa tête que la seule réponse à sa question était ce couteau, vaguement dissimulé dans la main. Ah ouais. D’accord. Bon. Il avait déjà vu pire. Dans sa vie passée. Ca n’allait pas le tuer.
Khayr hocha la tête, un peu surpris. Mais finalement, les cheveux longs, par chez lui, étaient assez glorifiant. Il fallait de l’argent et du temps à dépenser pour qu’ils soient beaux.

« Tu devais être quelqu’un d’important alors, non ?»

Grand sourire de celui qui ne connaissait rien de son interlocuteur et de sa vie passée.

« Pourquoi les as-tu coupé ? »

C’est vrai que s’ils avaient été si longs, il n’en restait vraiment plus grand-chose. Khayr n’aimait pas les cheveux longs, parce qu’il n’était pas de ceux qui avait le temps et l’argent. Il aimait les cheveux courts, ceux qui n’allaient pas dans les yeux, ceux que le vent n’emmêlaient pas et que le sable ne dévorait pas. Question de pratique. Il était un chasseur, pas un noble prince.

« Mon pays ? »

Il eut un grand sourire empli de soleil en y repensant. Son pays, c’était beaucoup de choses.

« Mon pays, c’est chaud, oui. C’est très chaud, tu serais tout rouge si tu y allais, avec ta jolie peau toute blanche ! Mon pays, c’est le sable, les dunes, les chevaux. Tu sais, on a de petits chevaux, mais ils très rapides ! Et ils sont très élégants ! »

Il se souvenait encore de la sensation de ses mains posées sur le museau doux et légèrement râpeux à la fois, des lèvres qui chatouillaient à la recherche d’une quelconque pomme cachée là.
D’une nature très bavarde, il continua. Fallait pas le lancer sur un tel sujet, lui qui était si fier de son pays et de ses origines. Il évoqua les femmes rondes, les mamas des rues, les chats errants, le faucon du chasseur qui guette le premier lapin, la beauté des oasis et les couleurs des épices sur les marchés, les odeurs du couscous et du poulet.

Puis, on lui plaça le couteau entre les mains. Un peu léger à son avis. Son habitude de chasseur lui rappela qu’un bon couteau était celui que l’on sentait bien dans la main, celui qui venait se loger dans la paume, et dont la lame n’était qu’un prolongement meurtrier et précis.

Et puis, il compris qu’il devait s’en occuper…Seul. Bien. Bon. Il inspira profondément, et s’y attela immédiatement. Fallait pas penser que c’était son bras. Juste une machine que l’on devait nettoyer. De plus, il ne sentait rien. Alors, il n’y alla pas de main morte. Le sang ne lui faisait pas peur, encore moins le sien. Il savait, il connaissait son corps.

Puis, l’autre revint, avec ce qu’il pensait être beaucoup plus horrible que ce petit passage.
Puis, sans qu’il n’ai l’occasion de répondre quoi que ce soit, ça brûla. Non, ça…C’était inexplicable, indescriptible. Le genre de brûlure qui rend sourd et aveugle. Il eut des larmes yeux, et se mordit la lèvre. Tout son corps se crispa, et il dut se tenir lui-même son bras pour qu’il n’eut pas le réflexe de le retirer et de le frotter pour faire partir cette horreur.

Khayr souffla un grand coup. Puis, ce fut terminé. C’était tout aussi douloureux. Mais le frais de ce linge propre lui fit du bien. Il attrapa la main du petit médecin pour le prendre lui-même, et appuya avec force.

« …Merci. »

Il inspira une nouvelle fois, profondément. Il rigola un peu, comme pour dédramatiser un peu.

« C’est gentil de m’avoir soigné. Je sais que c’est pas ton rôle. »

Il se redressa, chancela un peu, étonné que ça lui ait pris autant d’énergie. Il souffla une nouvelle fois fortement.

« Ca te dirait de venir boire un coup ? »

Par chez lui, lorsque l’on tenait à remercier d’un service, on invitait à boire. De l’alcool, fort, et on passait une bonne soirée.

« C’est pour te remercier. J’inviterai pas des danseuses à moitié nues, mais j’ai du bon rhum ! »

Il ricana, repensant à sa précieuse bouteille qu’il conservait dans une petite cachette. Parce que ce genre de choses, chez les pirates, ça disparaissait très, très vite. Ne jamais laisser trainer à vue des autres, qui ne se gênaient pas pour en profiter !
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Aël
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MessageSujet: Re: Petite visite ( Reservé Aël )    Mar 8 Mar - 1:52

Pourquoi les as-tu coupé ? La phrase dansait dans sa tête. Oui pourquoi hein ? La naïveté du mécanicien bronzé l'aurait presque fait rougir. Quelqu'un d'important. Oui dans une autre vie il avait été important pour quelqu'un, il en était certain, enfin d'après ses cauchemars. Le vrai cauchemar en revanche c'était ce type qui était rentré, sans bonjour ni au revoir, et avait fait de ses cheveux roux une peau de chagrin, une véritable misère. Un pauvre sourire étira ses lèvres, un peu forcé, un peu douloureux, et il éluda doucement.

    - On m'a un peu forcé la main en fait.

Et tiens s'il n'avait pas été là pour soigner une plaie ouverte, il aurait apprécié le moment, à l'écouter parler de ce pays étrange, de gens à la peau foncées, d'autres animaux, d'autres coutumes, d'autres climats. Il se demandait si des plages existaient ici, s'il trouverait du sable. Sûrement, il avait entendu qu'une Gare était spécialisée dans la pèche. Et puis. Et puis. Lui ce qu'il voulait c'était du sable blanc, du sable gris, beaucoup de vent et des falaise, et les embruns de la mer du Nord. Ou quelque chose comme ça. Ses doigts se glissèrent sous son turban, songeur, pendant que son esprit faisait presque la mise au point sur un souvenir précis. Puis Pfuit, plus rien, ça lui fila entre les doigts. La Réalité le rattrapa en faisant une petite moue, et lui s'arrangeait toujours pour ne pas regarder le bras blessé. Il fit disparaître la plaie sous un bandage souple, ferme mais laissant à la peau de quoi respirer et cicatriser. Il fronça les sourcils en imaginant son patient fortuit retourner dans les entrailles d'un train, sûrement plein de cambouis et d'autres saletés qui lui étaient étrangères.

    - De rien. Ce serait bien de revenir pour des check-up une fois par jour, ou tous les deux jours. On cicatrise mieux à l'air libre en général mais c'est même pas la peine d'y penser vu ce que tu fais. Eum. Donc. S'il t'arrive d'éventuellement euh ne rien faire pendant quelques heures. Oh et puis non, soupira-t-il, Tu reviens me voir dans deux jours, c'est tout.

Il l'immobiliserait lui-même une heure le temps de faire prendre l'air à sa peau et que ça sèche un peu, que ça ne reste pas moite et rose comme c'était le cas maintenant. Frisson. Oui son métier il le retenait surtout en terme de textures et de couleurs. Et alors ? Il rembalait fioles et autres trucs qu'il s'empressa de ranger à leur place exacte quand une phrase anodine lui parvint. Boire un coup. Ce qui le choqua particulièrement en fait c'était de se rendre compte à quel point il l'avait peu entendue en trois ans cette phrase. Tellement que ça clignotait rouge, "relation sociale". Pitié pitié je ne suis qu'un petit apothicaire qui vit au milieu des tissus et des feuilles de thé, ne me mangez pas. Mais non, tout se passerait bien hein ?

    - Euh. Oui. Oui ça me plairait ! Tu voudras que j'apporte quelque... Chose, je dois avoir de la... Enfin quelque chose quelque part. Euh et puis je te retrouve où ? Au réfectoire ?

Bah oui hein on avait beau changer de monde et devenir pirate, quand on avait dix-sept ans l'endroit où plein de gens se réunissent pour manger c'était un réfectoire. L'idée de sortir le soir (même s'il ne sortait de nulle part à part de sa cabane à roulette en fait, c'est plutôt la côté social de l'expression qu'il faut retenir) l'euphorisait doucement. La perspective de boire de l'alcool était grisante aussi, comment se faisait-il qu'il n'y avait pas pensé avant ? Bien qu'il était plutôt éloigné du reste de l'équipe il possédait quelques liqueurs tout aussi curatives qu'alcoolisées et l'idée ne lui était jamais venue de ne serait-ce que les goûter. Oui, oui il en apporterait une bouteille.

    - Oh pour les fille je me fais pas d'idées t'en fais pas. Je crois pas qu'il y ait une fille ici qui aimerait danser à moitié nue.

Haha non. Genre non. Pas du tout même. Aël se balança doucement d'avant en arrière sur ses soulier plats, et bientôt salua le blessé dont il n'avait même pas demandé le nom, ce qui allait être -ma foi- fort pratique pour tenter de le retrouver si besoin était.



Le soir venu, Aël était PRÊT. Il avait passé le restant de l'après-midi à faire semblant de ne pas penser au soir, avait filé dans son antre cherché la meilleure bouteille, s'était roulé nerveusement sur son lit en machouillant son turban, l'avait tellement foutu en l'air qu'il avait du le refaire, puis avait essayé bravement de replonger dans son classage d'objet inconnu, l'esprit franchement ailleurs. Ce fut carrément pire une fois le soir venu et les lampes allumées un peu partout. Pour s'occuper -mais pas trop- il ré-arrangeait fébrilement les tentures de sa chambre, avait refait son lit à la perfection, puis s'était assis dessus, et l'avait fait une fois encore. Et puis enfin on avait frappé à la porte. L'apothicaire se releva comme un ressort, réussi à se prendre les pieds sans son pantalon de nervosité et chancela joyeusement, se rattrapant juste avant de s'écraser sur la bouteille. Ouf sauvée. Il la prit par le goulot et ouvrit la porte, avec un sourire de collégienne.

    - Euh. Bonsoir.

Il se glissa hors du wagon, fermant la porte derrière lui et descendit les quelques marches. Il se sentait stupide au possible. Il serra contre lui la bouteille d'alcool vert qu'il avait déniché. Il l'avait un peu respirée quand il l'avait ouvert et rien que ça lui avait fait tourner la tête. Il se demandait si c'était bon. Tout ce qu'il savait c'est que c'était une boisson faite d'un milliers d'herbes, d'un millier d'autels. Il se retourna vers son patient temporaire et sourit de façon moins timide.

    - Je te suis.



Dernière édition par Aël le Sam 12 Mar - 22:08, édité 1 fois
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Khayr Chei ad-Dîn
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MessageSujet: Re: Petite visite ( Reservé Aël )    Sam 12 Mar - 21:00

Khayr avait vaguement hoché la tête sur le propos concernant les cheveux étranges. Après tout, on obligeait bien, dans certaines peuplades, à des pratiques que l’on n’approuvait pas forcément.

Il fronça les sourcils lorsqu’on lui apprit qu’il devrait ne plus travailler. C’était un peu comme une maladie, tout ça. Une sorte de drogue, il lui fallait cet outil qui pesait dans la main, il devait sentir sous ses doigts la rondeurs des tuyaux, l’accrochage métallique et parfois coupant des boulons humides, la rouille qui teinte la peau, agressive rousseur. Il aimait sentir sous ses paumes le grondement sourd, ces carcasses tremblantes et chaudes, le sifflement de cette vapeur, douce mélodie.

Le bandage lui fit la sensation d’une vague irritation. Mais à présent, c’était un peu comme…Devenu insensible, après les rasades d’alcool. Le brun savait que par contre, il ne fallait vraiment, mais alors vraiment pas y toucher, car ce serait vraiment, vraiment très douloureux.

« Je l’enlèverais, la nuit, ou quand je ne travaille pas. Pour que ça sèche. Je sais ne rien faire ! »

Il fit la moue. Il était vrai que les seuls moments où il était REELEMENT immobile et inoccupé, c’était lors d’un profond sommeil. Et encore. Le somnambulisme ne lui avait pas été totalement inconnu.


« Mais oui, je reviendrais . »

De toute manière, ça ne le dérangeait pas, ce n’était pas comme si cela lui prendrait des heures et des heures à venir jusque là. Et la compagnie de cet étrange personnage ne lui déplaisait finalement pas. Il espérait juste que cela ne changerait pas totalement lors de cette soirée alcoolisé.

Khayr massa les contours de la plaie, se brûlant un peu lui-même à travers le bandage encore blanc. Bientôt, il serait sale, noir de suie, jaune poussière, déchiré. Il n’avait jamais réussi à garder un pansement propre et correct. Il ne faisait pas partie de ces gens légèrement maniaques sur les bords, qui ont toujours l’air si clean sur eux.

Lorsque l’arabe proposa son invitation, il fut un peu embarrassé, car cela sembla d’abord gêner son vis-à-vis. Il avait l’air un peu paniqué, et eut donc comme seule réaction une mine légèrement étonnée.

« Si ça t’embête, c’est pas grave, c’est juste que chez moi, c’est comme ça, que…L’on remercie… Enfin, comme tu m'as rendu un chouette service, je...»

Il hésitait un peu ,et finissait par se demander s’il n’avait pas fait une bêtise. Mais finalement, non, l’autre sembla plutôt emballé, après s’être remis de ses émotions.

« Non, non, n’apporte rien ! »
Il secoua les mains, grimaça légèrement, en pensée, et nota à l’avenir que fallait pas trop bouger ce bras là pour l’instant.

« Je te dois bien ça ! Et puis, non pas au réfectoire, je vais t’emmener là où je suis d’habitude ! Je suis sûr que tu n’es jamais allé là haut ! J’espère que tu n’as le vertige ! »

Il sourit, avec son petit regard malicieux et gentiment moqueur.

« J’amènerais de quoi manger, comme ça, tu n’auras pas à t’inquiéter pour ton repas du soir. Mais il faut me dire ce que tu aimes ! Sinon, je ne prendrais que de la viande ! »

Parce que oui, il était légèrement carnivore sur les bords. Il adorait la viande. Ce goût, tout ça. Il aurait aimé être végétarien, parce que, il n’était pas trop pour l’abattage des animaux, mais..C.’était plus fort que lui. C’était vraiment trop bon.
Il rigola à la dernière réflexion du petit être de feu.

« Je plaisantais ! C’est que chez nous, les danseuses font de très belles danses, et porte en général des vêtements très légers. Et parfois transparents. Et plus elles portent de bijoux, plus l’hôte est riche ! »

Puis, il fut temps de partir. Parce que on n’allait pas passer l’après midi à se regarder dans le blanc des yeux.

« Je viendrais te chercher, pour te montrer le chemin. »

Il lui fit un rapide clin d’œil, un vague signe d’une main appartenant à une main encore valide, lui montrant sa paume claire, et se retourna.

Khayr repris le cours de sa journée. Il fit bien attention de ne rien faire qui pourrait le blesser plus que ce qu’il n’était. Il ne s’occupa que d’une pièce cassée, donc la vapeur fuyait lors de l’utilisation, avec un collègue ma foi, étrange, mais, on s’habitue, aux gens que l’on découvre.

La nuit plongeait la gare dans l’obscurité, le soleil ne filtrait plus à travers les trous. Il travaillait encore lorsque les bras orangés du soleil couchant donnait à penser que l’endroit était en feu, et se décida enfin à ne plus rien faire lorsqu’il fit trop sombre. Les lampes à huile furent allumées, partout. Le monde bougeait encore, certains travaillaient la nuit, il n’y avait aucun repos complet. Seulement, c’était bien plus calme.

C’était comme un grosse couette, où les voix se taisent doucement, on murmure, on bavarde, des fois des éclats de rire résonnent.

Dans un vieux tonneau un peu rouillé et rempli d’eau, Khayr se lava les mains aussi soigneusement qu’il le put. Il aurait préféré se changer avant, mais il avait la flemme de montrer, pour redescendre, pour finalement remonter jusqu’à son nid.

Il se dirigea donc vers le wagon qu’il avait déjà visité, et toqua à la porte. Le brun n’avait pas la patience facile, mais fit son possible pour ne pas frapper une deuxième fois. Il hocha la tête, sourire aux lèvres, joyeuseté de l’adolescent.

« Bonsoir ! »

Il mena le petit être rouquin, saluant au passage deux autres pirates qu’il avait croisé dans la journée.

« Je vois que tu as amené ta propre boisson ! Ce sera chouette, d’échanger ! J’ai pris de quoi manger, un peu, après une journée de boulot, j’ai toujours la faim au ventre, je suppose que toi aussi non ?! »

Il redressa l’espèce de sac en toile fabriqué main qu’il avait soigneusement attaché à son épaisse ceinture de cuir. A l’intérieur y était plongé un gros pain rond cuit le jour même, et de la viande crue, de bons morceaux de blancs de poulet qu’il avait acheté chez le boucher, était enroulée dans un tissu propre et frais.

Ils montèrent les escaliers, et Khayr aida la petite chose à grimper sur ses ventres ronds et ronronnant aux aiguilles endormies.

« Voilà ! Ici c’est chez moi ! »

L’espace était assez ouvert. Son hamac n’était qu’un grand morceau de toile qui tenait de manière sûre mais très archaïque, des cordes pendaient, et des boules de verre vertes y étaient accrochés. 0 l’intérieur, de grosses bougies, qui furent allumée en plus de la vieille lampe à huile au sol. Un brasero, posé là, sur une plaque métallique pour ne pas que le sol en bois ne flambe.

Et du bazar. Des sacs en toile, une petite table, des sachets mis de côté, des fringues, un tonneau d’eau comme ceux que l’on retrouve régulièrement. Et sur le côté un serpent de tuyaux qui mordaient les murs, et montaient avec férocité, s’accrochant à d’autres morceaux de parois.
Khayr montra vaguement cet étrange chemin d’un pouce négligeant.

« Par là, on peut arriver jusqu’ à un trou, qui mène sur le toit de la gare. Si tu n’as pas trop le vertige …On pourra y faire un tour.»

Esquisse d’un sourire. Il aimait bien, crapahuter, et voilà comment il avait trouvé le moyen de se faufiler jusqu’à ce toit, immense, si haut, où le vent vous faisait trembler comme une feuille en automne. De là, il regardait la nuit, le ciel, le monde qui s’ouvrait. Là aussi, il s’était chopé les pires pneumonies qu’il eu dans toute sa vie, et mort, donc.
Khayr posa le sac en toile sur la petite table en vieux bois, autour de laquelle se trouvait coussins et couvertures.

« Installe toi ! Fais à ton aise. »

Il retira sa vieille chemise pleine de cambouis. Il avait la mauvaise habitude de se frotter les mains sur ses vêtements lorsque celles-ci étaient sales. L’arabe constata avec une moue désapprobatrice que cela avait transpercé, et que sa peau avait des traces.

« Ah, j’ai des tâches, même sur la peau ! »

Il rigola. Il jeta négligemment la chemise dans un coin, frottant vite fait les tâches sur son torse avec un vieux chiffon qui visiblement avait cette fonction toute particulière. Lui aussi, termina comme la précédente chemise, jeté dans un coin, sur une étagère en bois clouée au mur. Il soupira, puis se tourna, puis contempla le monde qui s’étendait, le monde de la Gare.
Brusquement, parce que la douceur c’était pas souvent son truc, il s’installa, tout à son aise, aux côtés de son invité.

« Tu as vu, on dirait des lucioles. »

Sous leurs yeux, l’obscurité, et dans l’obscurité, des lampes, partout, toutes brillaient, dansaient. C’était beau, elles flottaient. Après un petit silence, il se redressa.

« Pendant que le feu se lance, pour la viande, dans le brasero, ça te dirait, un thé ? Avant l’alcool. »


Il rigola, et repris rapidement.

« Je sais que c’est bizarre ! J’ai l’air d’un alcoolo, mais, chez moi, dans mon pays, il faut toujours boire du thé ! C'est une tradition, je...Enfin, après, peut-être que tu n’aimes pas le thé hein ! »

Secouage de mains gêné. C’était toujours hasardeux ce genre de choses. Les gens n’aimaient forcément le thé, et des fois, on se moquait un peu de ses petites traditions.

« Mais peut-être que ce serait pour la prochaine fois… »

Sourire légèrement gêné.
Pour s’occuper, il alluma le feu du petit brasero avec une patience qu’on ne lui connaissait pas autre part que dans les activités manuelles.
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Aël
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MessageSujet: Re: Petite visite ( Reservé Aël )    Dim 13 Mar - 0:02

Aël suivait docilement l'être bronzé qui lui promettait de la nourriture. Pas que ses journées étaient physiquement éprouvantes mais... il était d'un naturel assez gourmand. Il aimait manger en somme.
Même s'il était sensé habiter cette gare, il était grandement rassuré d'avoir quelqu'un avec lui, surtout le soir. Il ne se sentait pas tellement intégré à la communauté -pour autant qu'elle existe. Il mourrait d'envie de jeter un oeil dans le sac en toile mais se retint, tentant de garder la surprise jusqu'au bout. Après tout, avant de partir il avait parlé de viande, il avait de grande chance pour qu'il ai ramené ça mais... même. Il y eut des escalier et parfois même des échelles cuivrée. Il stoppa net en voyant son guide enjamber une machine ronronnante et vibrante. Ça il n'était pas certain de pouvoir y arriver, il n'était pas très Voltige, et il avait une bouteille... Une main anciennement tannée de soleil se tendit vers lui et il déglutit, enjambant le métal vrombissant en fermant étroitement les yeux.
Il y avait une petite plate-forme nichée entre deux carlingues, aménagée comme il l'avait fait avec son wagon. Avec juste. Moins de matières inflammables, et plus de sobriété. Aël regarda autour de lui en silence, touchant du bout des doigts les petites sphères de verre colorée suspendues. Ça il aimait. Beaucoup même. Il posa sa bouteille au sol, dans un coin qui ne risquait rien, et s'assit bientôt à côté sur un coussin, se retenant de trop regarder le sac de nourriture.

    - J'aime bien ici. J'veux dire j'aurais pas pensé m'y installer mais. Les machines elles t'empêchent pas de dormir ? Ha et c'est cool que tu aies pris de la nourriture, vraiment. Merci.

Ses yeux suivirent le pouce, heurtèrent le mur, et cherchèrent quelques instants sans comprendre, avant de tomber sur le chemin en relief dessiné par les tuyaux. Oh. Non sérieux ? Il avait énormément envie d'aller sur le toit mais ça... mais non c'était juste improbable, il allait glisser et mourir. Aël n'était juste pas fonctionnel pour ce genre de crapahutage, c'est tout juste s'il avait assez de mobilité pour courir. Mh. Peut-être qu'il devrait enlever son turban et autres pièces de tissus qui risqueraient d'accrocher quelque part. Il n'avait pas une confiance énorme en ses souliers plat non plus il fallait avouer, déjà qu'ils dérapaient sur les pauvres barreaux des échelles. Il. En toucherait deux mot à son hôte. Plus tard.

    - Euh. Dis au fait. Je m'appelle Aël et toi c'est ?

Oui, ils ne s'étaient même pas encore vraiment présentés. Peut-être même qu'on le connaissait déjà, enfin, autrement qu'en l'apellant "l'esclave du vieux". Il espérait en tout cas. Grandement. Aël était le nez levé en direction des petites lumières pendant que le mécanicien se changeait. Il n'avait pas pu se retenir de jeter des regards à son bandage pendant le trajet, évaluant son état. Il aurait bien aimé passer une soirée sans jouer les trouble-fêtes mais après tout, c'était son rôle ? Enfin pour cette fois là oui, il serait substitut de médecin.

    - J'ai apporté des bandages au fait. Tu sauras en refaire tout seul ?

Eyh ça ne coulait pas de source. De ne pas les faire trop serrés en tout cas, lui avait eut du mal au début, c'était limite s'il ne faisait pas de double noeud, comme s'il voulait cacher la plaie pour toujours. Son hôte le rejoint sous un coussin et Aël se pencha maladroitement pour attraper la bouteille et la faire trôner sur la table. Il ne put s'empêcher de se retourner bientôt très vivement, c'était limite si des étoiles ne s'étaient pas allumées dans ses yeux.

    - Du thé ? Oh non au contraire j'aimerais beaucoup. Si j'avais su j'en aurai apporté, j'ai quelques thé différents chez moi et un excellent thé au jasmin, j'aurais pu te faire goûter.

Oh et bien ce serait pour la prochaine fois à la limite, le blessé risquait de repasser le voir de temps en temps et il y avait des jours où l'apothicaire était si désœuvré qu'il pourrait passer des heures à attendre qu'une bouilloire siffle. D'ailleurs faire du thé était un peu un rituel, il prenait son temps pour ça en général. Pendant que le maître de les lieux -à savoir le petit carré perdu entre deux machines le long d'un mur- s'activait autour du brasero, il s'interdit de soulever un pan du sac et de jeter un oeil dedans. Oh. Le pain lui faisait sévèrement de l'oeil et rien qu'imagine le gout de la viande cuite combinée à la mie il manquait sautiller sur place.
Quand le feu fut prêt il tira le sac près de Khayr, le regardant allonger les pièces de viande sur les grilles. Son ventre émit un gargouillis aiguë d'anticipation et il décida de mâchouiller une de ses mèches rouges plutôt que de demander à commencer le pain. Il serait Politesse jusqu'au bout.

    - Tu peux me parler des coutumes de ton pays ? Ce qu'on fait, ce qu'on ne fait pas.

A tout hasard.
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Khayr Chei ad-Dîn
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MessageSujet: Re: Petite visite ( Reservé Aël )    Dim 13 Mar - 20:31

Khayr surveillait d’un œil attentif les morceaux de viande qui grésillait sur la vieille grille noire de gras brûlé. Il hocha vite fait la tête, avant de répondre à son invité.

« Je, non, les machines ne me dérangent absolument pas. Au contraire, elles sont chaudes, et elles chantent. »

Il esquissa un sourire. Oui, les machines le berçaient, leurs bruits réguliers étaient rassurant.
Khayr s’amusait toujours lorsqu’on lui demandait son nom. Premièrement, c’était une très bonne excuse pour à nouveau sentir dans sa bouche la langue de son pays. Deuxièmement, il était très drôle de voir la réaction des gens. Son nom était si long et si compliqué ! Aussi se redressa t’il, et avec son accent arabe annonça qui il était.

« C’est joli Aël. Mon nom complet est Khayr Chei ad-Dîn El Makhtar d’Avila ! Mais tu peux dire Khayr, ou Kha si tu veux faire encore plus simple ! »


L’arabe avait rit.

« Pour toi, il est évident de savoir d’où je viens, mais avec ton nom, Aël, je ne saurais dire de quel continent tu es ! Tes cheveux étranges, je ne les ai jamais vu auparavant, et en fait, je n’ai jamais vu personne d’autre que les miens dans mon ancienne vie. Tu n’es sûrement pas de mon continent, mais quoi donc alors ? »


Le machiniste se releva, saupoudrant quelques épices sur les blancs qui commençaient à devenir dorés. Il fut ravi d’entendre que l’autre aimerait le thé autant que lui.

« Oh, j’aimerais beaucoup goûter le thé de chez toi ! »


Large sourire. Khayr n’était pas quelqu’un de triste au naturel. Les choses ne l’atteignaient pas facilement. Socialement, il s’en sortait donc plutôt bien.

« Chez nous, servir le thé est un rituel. Refuser de prendre le thé est une offense ! Si un chef refuse l'invitation d'un autre... »

Grimace signifiant ce qu'il devait arriver à ces moments là.
Il se pencha, récupérant le pain, qu’il déchira en deux morceaux. Il prit un premier morceau, et creusa dans la mie, puis y glissa un des morceaux de viande. Le jus allait imprégner la mie blanche, et la croûte serait tendre et croquante à la fois. Avec un grand sourire, il tendit l’assiette comestible à son vis-à-vis et exécuta les mêmes gestes pour l’autre morceau de pain. Le brun mis de côté le morceau de pain, pris la bouilloire cabossée sur laquelle y était grossièrement gravé quelques arabesques, y fit couler de l’eau et la plongea dans les braises chaudes.

« Voilà, comme ça, l’eau sera prête lorsque l’on aura fini, et il n’y aura plus qu’à faire infuser les feuilles ! »


Il s’était également saisi, au passage, de quelques chiffons propres, pour essuyer les doigts un peu trop gras. Le feu tenait chaud, c’était agréable. Il se rendit compte qu’en fait, c’était plus un dîner qu’une soirée de beuverie. Khayr aimait, boire un peu d’alcool, de temps en temps. Mais il n’y avait jamais été habitué, c’était condamné, par la religion de son pays. Il avait commencé à boire seulement en arrivant dans ce pays des morts. Son père avait toujours foi en son Dieu, et avait donc toujours respecté les lois, malgré le désespoir dans lequel il avait été plongé. Khayr avait admiré son père pour cette foi. Khayr se sentait un peu coupable, lorsqu’il buvait. Puis il se rappelait où il était. Et buvait.
Ravissement à souhait lorsqu’on lui demanda de parler de son pays. Grave erreur que d’autres ne faisaient plus, et qui s’amusaient à piéger les nouveaux ou ceux qui ne savait pas. I

« Mmmh, les coutumes…Et bien, tu sais, chez nous, la cérémonie du thé est très importante… »

Il parlait tout en restant poli, interrompu pas des bouchées de pain et de viande.

« Cette cérémonie consiste en fait à boire trois fois le thé, et on réutilise les mêmes feuilles de thé vert à chaque fois. On dit que le premier thé est amer comme la vie, le second est fort comme l'amour et le dernier est doux comme la mort. »

Large sourire, et puis, une autre bouchée.

« On porte toujours un long turban, comme celui là. »


Il désigna le turban bleu et un peu sale enroulé autour de sa taille. Celui qu'il avait lui même fait.

« C’est un chèche, il sert à protéger notre visage du soleil et du vent. On ne voit plus que nos yeux ! Mon peuple, on l’appelle le peuple des hommes bleus. Parce que l’indigo qui sert pour la couleur déteint sur notre peau à force. »

Bouchée. Il réfléchissait, à ce qu’il pouvait dire.

« On a d’autres couleurs, évidemment, mais le blanc, c’est pour signifier le respect, et le bleu est porté les jours de fêtes, ou les jours où il fait froid. Il est plus chaud, car le chèche indigo est en lin avec un tissage différent. »


Il termina son repas, énumérant encore quelques particularité, comme quoi ils étaient monogames, les mariages, les courses, les chevaux et dromadaires. Puis, il se tourna vers la petite tête rousse
.
« Et toi ? Qui étais-tu ? »

Il se leva, attentif à ce qu’allais dire son invité, tout en sortant deux petits verres rouges foncés ornées de dorures travaillées mais vieilles et usées. Il chercha parmi bouquins et autres choses oubliées là sur les étages le petit sachet précieux de thé. Il s’était donné beaucoup de mal, pour les obtenir. Le thé, s’était quelque chose d’important, il fallait donc trouver le bon. Etant arrivé ici complètement nu, il n’avait le thé de son pays. Khayr avait donc tout fait pour en retrouver la saveur. Ce fut tellement compliqué et tellement long qu’il le gardait vraiment très précieusement.

L’homme qui lui avait vendu les feuilles était japonais, et vieux, sédentaire perdu dans les entrailles de la gare de l'Est, au fin fond de ses entrailles. Il fut difficile de lui arracher ce qu’il voulait bien laisser.

Muni d’un gant, celui qu’il utilisait lorsqu’il devait toucher des pièces métalliques chaudes, il sortir la bouilloire sifflante, et il jeta les feuilles. Il la déposa à côté des verres, sur la table, croisant les jambes sous lui, attentif à ce que pouvait lui raconter le dit Aël.
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